
Difficulté à dire non : et si c'était une croyance sur soi ?

Océane Galland
Hypnose et Thérapie Brèves · Gap
Quand dire non semble impossible
Un collègue vous demande de rester plus tard. Une amie souhaite que vous la rejoigniez ce week-end. Dans votre tête, la réponse est non. Et pourtant, « oui, pas de souci » sort de votre bouche avant même que vous ayez eu le temps d'y réfléchir.
Ensuite viennent la fatigue, parfois l'agacement, et cette petite voix : « Pourquoi je n'ai pas su refuser ? »
Ce que vous pouvez reconnaître
- Vous préparez mentalement des excuses plutôt que de dire simplement non.
- La culpabilité vous gagne dès que vous refusez, même pour une petite chose.
- Vous anticipez la déception de l'autre, parfois avant qu'elle n'existe.
- Vous dites oui pour garder la paix, et vous en payez le prix plus tard.
Ce n'est ni un défaut de caractère ni un manque de volonté. C'est une difficulté très répandue, qui a souvent plus à voir avec ce que l'on croit de soi qu'avec ce que l'on sait faire.
Qu'est-ce qu'une croyance sur soi ?
Une croyance est une phrase que l'on tient pour vraie sans la remettre en question. Par exemple :
- « Si je refuse, on ne m'aimera plus. »
- « Je dois être utile pour avoir ma place. »
- « Les besoins des autres passent avant les miens. »
Ces phrases se construisent généralement au fil des expériences, souvent tôt dans la vie : en famille, à l'école, puis au travail. Il n'est pas toujours possible de retracer leur origine avec certitude, et ce n'est pas indispensable pour s'y intéresser.
Certaines personnes remarquent qu'une croyance, une fois repérée, perd un peu de son évidence. Elle devient une pensée parmi d'autres, et non plus un fait.
Repérer la croyance qui se cache derrière le oui
Dire oui a souvent une fonction : éviter le conflit, préserver le lien, se sentir en sécurité auprès des autres. Cette manière de faire a pu être précieuse à un moment de votre vie.
Le souci apparaît quand elle devient le seul choix possible. Le oui n'est alors plus une décision, mais un réflexe.
Observer une croyance, ce n'est pas la combattre. C'est simplement se donner la possibilité de la regarder avec un peu de recul.
Exercice : les 3 minutes de la phrase cachée
Installez-vous au calme, avec une feuille et un stylo. Je vous propose ces étapes, à votre rythme :
- Choisissez une situation récente où vous avez dit oui alors que vous pensiez non. Notez-la en une ligne (30 secondes).
- Posez-vous cette question : « Qu'est-ce que je craignais qu'il arrive si je disais non ? » Écrivez la première réponse qui vient, sans la corriger (1 minute).
- Complétez la phrase : « Si je dis non, alors… » Laissez venir ce qui se présente (30 secondes).
- Relisez votre phrase à voix basse, puis demandez-vous : « Est-ce vrai à 100 % ? Ai-je déjà vécu une situation où c'était différent ? » (1 minute).
- Terminez par 5 respirations lentes : inspirez 4 secondes par le nez, expirez 6 secondes par la bouche.
Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Cet exercice est une simple exploration, et non un protocole thérapeutique.
Un petit pas pour s'entraîner
Si dire non d'emblée vous paraît trop difficile, certaines personnes trouvent utile de s'accorder un temps de pause avant de répondre : « Je regarde mon agenda et je reviens vers vous demain. » Cela laisse la place à un vrai choix, sans la pression de l'instant.
Si l'exercice fait émerger des émotions fortes ou des souvenirs pénibles, arrêtez-vous et parlez-en à un professionnel de santé qualifié.
Quand consulter ?
Vous reconnaissez peut-être ces situations : vous savez que vous aimeriez poser une limite, mais le mot reste coincé. Vous vous sentez responsable des émotions des autres. Vous avez le sentiment de passer à côté de vos propres envies, parfois depuis des années.
Quelques signes qui peuvent vous inviter à vous faire accompagner
- Dire non déclenche une culpabilité ou une angoisse difficile à supporter.
- Vous vous sentez régulièrement à bout à force de répondre aux demandes des autres.
- Les mêmes scénarios se répètent, au travail, en famille ou en couple.
- Vous avez essayé de vous y prendre autrement, sans que cela change grand-chose.
Dans mon cabinet à Gap, j'accompagne les personnes qui souhaitent explorer ces croyances avec l'hypnose et les thérapies brèves. Nous prenons le temps de repérer ce qui se joue pour vous, puis d'imaginer d'autres manières de vous situer face aux demandes d'autrui, à votre rythme.
Je ne pose pas de diagnostic et je ne peux pas promettre de résultat : chaque parcours est singulier. Ce que je peux vous offrir, c'est un espace sans jugement où vos difficultés sont entendues.
Si vous éprouvez une souffrance importante, un épuisement persistant, une humeur très basse, ou si vous avez peur de la réaction d'une personne de votre entourage, il est recommandé d'en parler aussi à votre médecin ou à un professionnel de santé. Vous n'avez pas à traverser cela seul(e).


